Nicolas Richard, bricoleur de génie

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    L’écrivain et traducteur Nicolas Richard, en 2018.

    A défaut d’être une règle, cela pourrait être un principe : pour faire le portrait d’un auteur, ne pas hésiter à commencer par la fin. Non pas ses funérailles, bien sûr, même si, dans La Dissipation, Nicolas Richard évoque la possibilité, pour un écrivain, d’être « débriefé juste après sa mort ». Mais les derniers mots qu’il vous glisse, l’air de rien, en quittant le pub où vous avez discuté de son nouveau roman, autour de quelques bières. En l’occurrence, celui que l’on connaissait surtout, jusque-là, pour son remarquable travail de traduction d’une littérature anglo-saxonne exigeante (depuis les poèmes de Richard Brautigan jusqu’aux romans de Thomas Pynchon, Harry Crews, Richard Powers ou Paul Beatty) formule chaleureusement la hâte qu’il a de lire l’article consacré à son livre, et se dit « très curieux de voir comment [on va] réussir à se dépatouiller avec tout ça ».

    Jeu de miroirs et de mise en abyme

    Simple formule de politesse ? Sans doute pas. Peu avant, Nicolas Richard a longuement développé son goût pour « l’écriture sur la littérature ». « Je suis amateur de critique littéraire, avait-il expliqué, c’est une discipline que j’adore. A chaque fois que je commence à lire un article, je m’intéresse à la façon dont il est bâti, je me mets à la place du journaliste pour savoir comment il a fait, quelle est l’ouverture, quelle est la clôture, comment il intègre les citations… C’est presque de l’espionnage industriel. » S’il y a quelque chose d’un peu troublant, dans l’idée d’écrire la critique d’un livre dont l’auteur décortique la critique, ce jeu de miroirs et de mise en abyme paraît assez approprié lorsqu’il s’agit d’évoquer une rencontre avec le traducteur de l’écrivain américain Thomas Pynchon, né en 1937, auteur postmoderne par excellence, notamment connu pour le soin qu’il met à se préserver des médias, depuis la parution de son premier livre, en 1963. Et d’autant plus que le traducteur,…

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