Les ambiguïtés américaines de Danh Vo au Guggenheim

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    Avec Danh Vo, le Guggenheim mise sur un artiste jeune, en phase créatrice.

    Ce sont des lettres apparemment anodines de Henry Kissinger, dans lesquelles il remercie son ami Leonard Lyons, critique au New York Post, de lui avoir procuré des places de spectacle à Broadway. Et dans l’une d’elles, datée du 20 mai 1970, le conseiller du président Richard Nixon regrette de ne pouvoir venir : « Je choisirais vos ballets plutôt que le spectacle du Cambodge, si seulement j’avais le choix. » D’un mot, en passant, voilà le visiteur précipité dans la guerre du Vietnam. Le procédé rappelle la Chute d’Icare, tableau de Pieter Brueghel l’Ancien où seul un détail faisait deviner, dans une scène champêtre, la noyade du jeune homme. Il est celui de Danh Vo, exposé cet hiver au Guggenheim de New York.

    L’artiste danois, d’origine vietnamienne, relie vie privée et publique et fait comprendre la grande histoire par le biais de la petite. Une consécration pour cet homme de 42 ans, et une expérience un brin ardue pour le public, qui se trouve vite embarqué par le procédé narratif de l’artiste. « C’est une exposition qui exige du visiteur qu’il ralentisse le pas, note la conservatrice Katherine Brinson. Je crois profondément que pour rester pertinent, nous devons exposer des artistes jeunes, en phase créatrice. C’est essentiel pour ne pas devenir une boîte à bijoux historique sur la cinquième avenue de Manhattan. »

    Une Rolex, un briquet, une bague

    Cet enfant de réfugiés vietnamiens, aujourd’hui résident au Mexique, suit un fil rouge – sa vie – grâce à des objets apparemment anodins mais liés à l’histoire. On découvre ainsi dans l’exposition une Rolex, un briquet Dupont, une bague, trois objets précieux achetés par son père après l’exil ; les lustres de l’hôtel Majestic, où furent signés, en janvier 1973 à Paris, les accords mettant fin à l’intervention américaine au Vietnam ; une machine à écrire, dont on apprend qu’elle fut celle du terroriste américain Ted Kaczynski, alias « Unabomber », qui berna…

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