Norman Foster envisage de quitter Londres

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    L’architecte Norman Foster à Dresde en 2006.

    Foster + Partners, la plus grande agence d’architecture du Royaume-Uni, créée en 1967, envisage de déplacer son quartier général hors de ses frontières en cas de mise en application du Brexit. « Nous ne voulons pas quitter Londres, mais nous devons l’envisager, comme n’importe quelle autre entreprise, a déclaré, jeudi 14 juin, au site britannique Architect’s Journal, Matthew Streets, directeur associé de la société. Si nous ne pouvons plus attirer les meilleurs talents du monde [ce que provoquerait le Brexit], alors, nous devrons nous installer dans un pays où nous le pourrons. »

    « Sur l’ensemble des disciplines que couvre l’agence (architecture, ingénierie, bureau d’études, administration, etc.), 55 % des employés sont issus du continent européen contre 26 % du Royaume-Uni. Les 19 % qui restent viennent des autres pays du monde », avait rappelé, en novembre 2017, Norman Foster, 84 ans, lors du World Architecture Festival de Berlin. Le Britannique avait dans le même temps dénoncé « la folie du Brexit », et affirmé « sa fierté d’être ici en Europe et de célébrer [à propos de la capitale allemande] la nature européenne de ce lieu ».

    Lettre ouverte

    L’incertitude liée à l’adoption du projet de divorce entre la Grande Bretagne et l’Union européenne, avant même son éventuelle entrée en vigueur, a entraîné le départ d’une centaine de collaborateurs dans la maison mère de Battersea (sud de Londres) qui emploie environ 1300 salariés. Et le mouvement se poursuit : depuis 2017 le nombre d’architectes qualifiés est passé de 383 à 353. Foster + Partners, 14e agence d’architecture au niveau mondial, dispose également de bureaux à Dubaï, Madrid, Abu Dhabi, Pékin, Hong Kong et New York, entre autres.

    Selon l’agence Rogers Stirk Harbour + Partners, originellement fondée en 1977 par Richard Rogers, coauteur avec l’Italien Renzo Piano du Centre Georges-Pompidou à Paris, le phénomène a eu pour effet qu’un nombre croissant de ses employés européens demandent, sans aucune garantie, la citoyenneté britannique pour éviter d’être forcés de quitter l’entreprise. Plus de 20 % des 40000 architectes travaillant en Grande-Bretagne sont issus de l’UE.

    Dans une déclaration accompagnant la publication de ses derniers comptes, Rogers Stirk Harbour + Partners a ajouté que le « manque de clarté en ce qui concerne le processus du Brexit a (…) accru le niveau d’incertitude pour l’architecture nationale tant en Grande Bretagne qu’à l’étranger. » L’agence craint « que le Brexit affecte non seulement [son] propre recrutement en [la] privant des meilleurs talents architecturaux de l’ensemble de la zone euro, mais aussi que cela puisse affecter l’architecture britannique dans son ensemble. »

    View the original article: https://www.lemonde.fr/architecture/article/2018/06/14/norman-foster-envisage-de-quitter-londres_5315185_1809550.html

    Un grand nombre d’architectes d’outre-manche partagent ces préoccupations. Dans le quotidien The Guardian du 17 mai 2017, David Chipperfield, John Pawson, Richard Rogers, Michael et Patty Hopkins, Amanda Levete, Ron Arad, Will Alsop et Eric Parry, notamment, avaient signé une lettre ouverte dans laquelle ils demandaient à leur gouvernement une clarification quant au statut des membres de l’Union européenne travaillant en Grande Bretagne. La réponse n’est pas encore arrivée.

    Norman Foster envisage de quitter Londres

    Foster + Partners, la plus grande agence d’architecture du Royaume-Uni, craint que le Brexit ne l’empêche de recruter les meilleurs talents. ” Sur l’ensemble des disciplines que couvre l’agence (architecture, ingénierie, bureau d’études, administration, etc.), 55 % des employés sont issus du continent européen contre 26 % du Royaume-Uni.

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